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GLEN ALLACHIE 10 ANS CASK STRENGTH BATCH 2

A whisky d’exception lieu d’exception. Aujourd’hui, nous allons gouter le GLEN ALLACHIE 10 ans Cask Strength (2nd mouture) tout juste auréolé d’or (en 2019 World Spirit Competition, Internationnal spirit challenge, IWSC et World Whisky Awards) non pas en Ecosse mais dans le plus écossais des départements français : le Cantal. Je vous laisse imaginer, en plein centre de la France des vallons, de l’herbe verte, des tourbières, des rivières d’eau pure (bon ok, un peu moins de précipitation et des vaches un peu moins velues).

 

Pour se faire, à peine fini la procession de la chapelle de notre dame du Château, nous partons avec celui que nous appellerons ici Ssh (pour l’anonymat) amateur des belles choses de la vie mais encore néophyte en dégustation de whisky, en direction du magnifique village de Salers. 

Nous arrivons ainsi sur l’esplanade de Barrouze (et sa vue époustouflante sur la vallée de la Marrone et sur le contrefort de la chaine des puys) à l’heure où le soleil commence à nous quitter.


Alors que village aux pierres grises se vidait des nombreux visiteurs de la journée, nous nous sommes assis sur les pierres encore chaudes et dégainons nos deux glencairn et la bouteille de GLEN ALLACHIE. 

 

Le moment était solennel. Sous nos pieds l’eau du vieux lavoir (où quand même Jackie Kennedy avait lavé son linge,  mais ne me demandez pas pourquoi -ndlr-) brillait encore, face à nous le puy violent et la vallée perdait progressivement sa couleur verte et se parait de belles couleurs orangées. C’était le moment.

Je versais ainsi dans les verres le whisky et laissais à Ssh le plaisir de me parler de la couleur. Il me dit :  « je ne pensais pas qu’un whisky puisse être aussi sombre ». En effet, il présente une robe sombre mélange de bronze et de rouge nous annonçant une finition sherry. Ses dix ans de maturation se sont en effet déroulées tout d’abord en fût de bourbon (en chêne vierge) avant de passer par des fûts ayant auparavant contenu du xérès Oloroso et Pedro Ximénez.

 

Alors que le soleil continuait à décliner la couleur du distillat continuait, elle, à s’assombrir. Il était temps de découvrir ses aromes.

 

Volontairement, j’avais caché à Ssh son degré d’alcool (54,8°) pour ne pas empiéter sur le ressenti. Comme il se doit nous y avons plongé narine après narine pour optimiser les aromes. Bien évidement au premier passage, la vivacité de l’alcool de ce liquide mis en bouteille à la force du fût se fit sentir mais elle amena avec elle des arômes assez sucrés et boisés de vanilles. Le temps de reprendre un peu d’air frais et de se délecter du rougeoiement de la vallée de la Marrone, nous replongeons notre nez et découvrons là des arômes beaucoup plus fruités de pommes, mangues et peut-être d’ananas. Freinant notre envie de gouter, je propose à Ssh un troisième passage. Celui-ci nous fit découvrir des arôme plus verts d’épices, de réglisse et de gingembre.

La table était mise, il ne fallait plus que déguster !

 

C’est à ce moment là que surgissant du soleil couchant un milan se mit à planner et passa à l’horizon entre nous et les montagnes. C’était clairement le signal. Il fallait se lancer et gouter.

 

Nous avons ainsi laissé couler quelques goutes du liquide dans notre bouche et l’avons fait tournoyer pendant les 10 secondes imparties par son âge. Passée une certaine agression liée à son degré d’alcool (somme toute limitée au regard du degré à mon goût) nous découvrons une texture huileuse avec un goût de vanille et de caramel. S’en suit des aromes d’agrumes mélangés à des épices. De la vivacité, du moelleux et du sucre. Belle réussite de Billy Walker le blender de la distillerie depuis 2 ans.

 

Alors que le soleil finissait de disparaitre à l’horizon ce whisky largement primé en 2019, nous laissa longuement en bouche un mélange d’agrume et d’épice et nous donna largement envie de poursuivre la découverte de cette « jeune » distillerie (dans sa version actuelle mais à la très longue histoire -NDLR-) et d’aller faire un tour sur la côte nord de l’Ecosse.

 

 

Son verre à la main, faisant face à ce magnifique paysage cantalien, Ssh lança dans le vent : « on est bien ! ». Peut-être la naissance d’une vocation ?

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