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BRUICHLADDICH OBA 59,7 %

Pour bien déguster et se rendre compte de la puissance de l’OBA de Bruichladdich rien de tel que d’aller directement sur les lieux de sa distillation dans le port de Bruthach a’ chladaich (en gaélique dans le texte).

 

Pour bien préparer notre palais à sa puissance, le mieux c’est de nous rendre dans un premier temps dans la Warehouse du laddie savourer un petit octomore, déjà en soi un des plus tourbés qui existent en écosse avec ses 167 ppm (dans sa version 6). Au passage quelle bonheur de gouter un Port Charlotte 2004 vieilli en fut de Mouton Rotschild et un Octomore 2005 "malheureusement" vieilli dans un fût de Pauillac (quel loupé réussi !!).

Parmi les fûts qui nous entourent se trouvent certainement les 10 millésimes 2002, 2006, 2007 et 2008 qui ont permis d’élaborer l’OBA que nous allons tester.

 

Nous nous rendons ensuite dans l’antre de la distillerie. Nous nous asseyons dans de confortables canapés club en attendant le moment propice, fébriles à l’idée de goûter le whisky donné comme le plus tourbé du monde (258 PPM ! on va sentir la fumée en sortant d’ici).

 

La porte s’ouvre et apparaît la chevelure de feu de la charmante Chris (pour l’anonymat). Elle tient dans ses mains 6 verres d’un liquide or profond que nous allons goûter (de loin on croirait du miel).

Avant de nous donner les verres, elle vérifie que nous sommes bien assis (comme le ferait une hôtesse de l’air de la Logan airline !) Le choc va être rude !

 

Chacun prend son verre ! Mais quelle profondeur de couleur !!!

 

Elle nous salue et s’en va déjà certaine de son effet !

 

Nous glissons notre nez préparé par les précédentes dégustations dans le verre et nous ne sommes pas déçus, le phénol est bien là ! Mais il est fruité et moins violent que l’on aurait pu le croire ! Il est accompagné de fruits secs. Vite laissons notre nez respirer de l’air frais avant d’y retourner. Quand il replonge dans le verre, notre nez est désormais surpris par les odeurs d’un jardin d’épices équatorial. Mais nous conduit également vers le sud de la France avec des arômes de vins cuits ! Sans même avoir goûté nous avons déjà bien voyagé à travers le monde sans même être sorti de notre fauteuil club ! C’est seulement avec le troisième nez qu’on retrouve ce pour quoi nous sommes venus : la tourbe. Ici elle est proche d’un fumé de charcuterie !

 

Bon on se lance ? et là surprise car la claque à laquelle on s’attendait n’est pas là et c’est la douceur des fruits secs qui enrobe nos palais. Mais qu’on se rassure, cela ne dure pas longtemps ! C’est l’explosion, nos visages se déforment et nos corps vacillent : je comprends pourquoi Chris a vérifié que nous étions bien assis ! Des odeurs de fumées sortent pêle-mêle parmis des épices, de la chique et de la menthe. Wahou quelle claque. La fumée se dissipe doucement et laisse place à du caramel quand le liquide descend dans notre gorge.

Quand les odeurs remontent c’est comme si on se retrouvait en train de mâcher un menthol au coin d’un feu de cheminée aux cendres froides le lendemain d’une soirée trop arrosée !

 

Quelle expérience avec cette série de chez Bruichladdich qui tient sa promesse et aurait pu (à 300€ la bouteille) se trouver dans ma rubrique coup de foudre !

 

 

Violent mais magnifique !

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Commentaires: 1
  • #1

    Seb LeRems (dimanche, 09 septembre 2018 00:11)

    Beau moment tourbé, bande de veinards !