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FONTAGARD et l'expérience LUNR

 

La route baignant dans le clair de lune serpente entre les vignes de la région de Cognac. 

 

Mon van, BRADPEAT, glisse silencieusement jusqu’à la distillerie de Fontagard.

 

Il est tard, l’air est tiède, la pleine lune règne en maître. Ce soir, sous sa lumière, je suis convié à un voyage sensoriel et initiatique.

 

À l’entrée, c’est Adrien Granchère, actuellement aux commandes de la distillerie, qui m’accueille comme l’un des siens. Son regard franc et sa passion contagieuse posent immédiatement le ton : cette nuit ne sera pas qu’une visite, mais une initiation.

 

C'est la nuit mais il a choisi ce soir de pleine lune pour me faire visiter sa distillerie et me faire goûter son mystérieux LUNR mai également SINGLE CASK PNDC et en enfin son whisky tourbé TORB.

 


Un héritage vivant

 

Mais avant tout un petit historique de la maison !

 

Fontagard est née en 1878, fondée par Ernest Granchère, qui installe l’un des premiers alambics de Cognac à Neuillac, sur la voie romaine. Depuis, six générations se sont succédées.

 

De Jean à Marie-Thérèse, institutrice déterminée qui a maintenu l’activité seule dans les années 60, puis Dominique Granchère, œnologue innovant, chacun a contribué à faire évoluer la distillerie.

 

Aujourd’hui, c’est Adrien, qui incarne une nouvelle ère en introduisant le whisky aux côtés du cognac, et en insufflant une modernité assumée, sans jamais renier les racines familiales. 

 

Le grain, le feu, la fermentation

Notre visite débute par la transformation du grain, dans un triptyque fluide et cohérent.

 

La salle du moulin, récemment aménagée, abrite un ensemble Porteus restauré avec soin. Ici, les céréales sont broyées avec une précision millimétrée, pour en extraire toute la richesse.

 

 

On passe ensuite dans une salle de brassage rutilante, où trois grandes cuves en cuivre rescapées de la Covid s’élèvent désormais dans une chaleur ambrée.

 

C’est là que le malt moulu de Fontagard est brassé avec l’eau pour devenir mash, ce liquide sucré qui sera le support de la fermentation.

 

 

 

Enfin, dehors, dressés sous la lune comme des sentinelle qui entrent en scène. Le mash y est ensemencé de levures, et s’y transforme lentement en un liquide alcoolisé prêt pour la distillation. L’activité y est silencieuse, invisible, mais bien vivante.

 

La nuit, le vivant prend son temps.

 


Le souffle des dix alambics

 

Puis viennent les salles des alambics.

 

On les traverse comme on entre dans un monastère. Plusieurs pièces en enfilade, abritent un total de dix alambics charentais à chauffe vin.

 

Tous sont dédiés au cognac en hiver, puis au whisky en été. Ce rythme saisonnier n’est pas qu’une question de calendrier : c’est une respiration.

 

 

En hiver, les vins blancs de Charente donnent des eaux-de-vie fines et florales ; l’été venu, les moûts céréaliers livrent des distillats puissants et maltés. Le cuivre murmure alors des choses différentes selon les saisons, mais toujours avec une constance artisanale.

 

La chaleur, le cuivre, le silence rythmé du goutte-à-goutte… Tout ici respire la maîtrise et l’humilité.

 


Les chais des licornes et de la lumière

 

Nous traversons la voie romaine, cette cicatrice ancienne qui traverse encore la propriété, pour rejoindre les deux chais de vieillissement.

 

Le premier, le chai historique, est gardé par deux têtes de licornes sculptées dans la pierre. Jadis, elles servaient à attacher les chevaux des chariots de fûts. 

 

 

Aujourd’hui, elles veillent sur les barriques endormies, chargées de cognac ou d’expérimentations audacieuses.

 

 

 

Le second chai, moderne, est structuré, clair, en racks. C’est ici que le whisky prend forme, que les profils s’affinent, que les projets comme LUNR prennent leur envol.

 

Avant de le déguster je vous propos de découvrir ce whisky qui ne se contente pas d’être bu, mais qui se contemple et se médite.

 


LUNR 9921-6 Le distillat qui regarde la lune

 

Tout commence en 2021, non pas dans un laboratoire, mais dans une conversation intime.

 

Adrien est marqué par les confidences d’une amie en rémission. Elle lui parle d’un rituel de guérison : chaque pleine lune, elle laisse un bol d’eau dehors, qu’elle boit ensuite avec recueillement, à l’abri de la lumière et du métal. Ce geste simple, presque mystique, devient le déclencheur d’une idée folle : et si l’on exposait un whisky à la lune, comme on expose une prière au ciel.

 

 

LUNR n’est pas un simple single malt. C’est une quête.

 

Une tentative de mettre en résonance la matière et l’astre, de capter les vibrations lunaires, les énergies nocturnes, les cycles naturels.

 

L’objectif est clair : créer un whisky racé, poétique, et organoleptiquement transformé par la lumière lunaire. Un whisky qui interroge notre rapport au temps, à la nature et à l’invisible.

 

 

La conception de LUNR est une partition jouée à quatre mains entre tradition et expérimentation :

- un single malt de trois ans, élevé en fûts de chêne ayant contenu du cognac, signature de Fontagard.

- le distillat est ensuite transvasé dans des globes sphériques en verre de 220 litres, hermétiquement fermés, sans contact avec métal ni plastique.

- pendant huit mois, un rituel céleste : à chaque pleine lune, les globes sont sortis à l’extérieur du chai. La lumière lunaire traverse le verre, sans oxydation, dans une enceinte neutre où le bois ne domine plus.

- enfin des dégustations à l’aveugle pour révéler une évolution marquée.

 

 

LUNR 9921-6 n’est pas une simple édition limitée. C’est une bouteille qui raconte une histoire, qui porte un souvenir, qui dialogue avec les étoiles. À 49 % ABV, en single cask, elle s’offre comme un talisman, un hommage à la lune, à la mémoire, et à l’art de distiller autrement.

 

 

Pour marquer cette découverte, je vous propose une double dégustation particulière mêlant la version Lunaire avec son pendant élevé en chai uniquement !  

 

Ce single malt se pare de reflets or légers mais pas pale et fait penser à la couleur d'une lune en naissance au ras de l'horizon. A ce niveau on ne trouveras pas de réelle différence de teinte, la lune semblant travailler le liquide sans altérer ses nuances.

 

L’approche olfactive est intrigante et déjà presque mystique. Tel les passagers d'Apollo on se demande à l'approche ce qu'on va découvrir tout de ce distillat.

 

En version LUNR

 

Le premier passage montre une certaine profondeur avec une montée progressive d’arômes complexes mélange de douceur de cire d’abeille  et de légère fraicheur florale

 

Le second passage est plus marqué sur la pèche mure mêlée de notes boisées empyreumatique et cirées

 

Le troisième passage laisse apparaître des notes un peu plus épicées et légèrement réglissées.

 

 

En version Terrienne

 

En comparatif direct la version non lunaire pourrait montrer moins de profondeur d'arôme, des notes plus fraiches et citronnées et souligne plus le coté tendu jeunesse du distillat.

 

Version LUNR

 

Quand le clair de lune, euh pardon le distillat entre en bouche, ce sont indéniablement des notes sucrées qui dominent. Néanmoins, très rapidement et insidieusement ce sont des épices qui arrivent et accompagnent une certaine tension boisée. Les notes de poivre, comme soupoudrées en poussière de lune, viennent dominée la bouche de la langue au palais.

 

Sur la durée, le feu se calme et on retrouve des notes boisées marquées et vineuses. 

 

La fin de la dégustation sera mielleuse sur fond d'épices

 

La finale est assez longue avec une remontée de notes poivrées dans le nez et des notes de réglisse et bois. Sur la longueur c'est la réglisse qui domine.

 

Version Terrienne

 

Sans lune on va retrouver le même ressenti sucré mais la montée en puissance des épices beaucoup moins rapide et beaucoup moins prononcée. Les notes poivrées restent présentes (bien que plus douces). Il est plus moelleux. La descente plus ronde et moins tendue, mais là les notes boisées et tendues vont être plus persistantes et reglissées.

 

Au final, le passage au clair de lune semble avoir exacerbé certains éléments (épices, réglisse) mais surtout, a durée de vieillissement équivalente semble avoir "maturé" le distillat.

 

Peut-être un jour Adrien enlèvera le toit de ses chais pour que la lune s'en donne à cœur joie. C'est les anges qui vont être contents !   

 

 


PNDC Folle Blanche : L’expression pure du terroir oublié

 

PNDC comme Pineau des Charentes, emblème régional que Fontagard choisit ici comme vecteur d’expression aromatique.

 

Alors pourquoi ne pas le faire vieillir dans un fût qui a abrité une cépage oublié ? 

 

Aussi, en plus d'un vieillissement de 3 ans en fûts de Cognac, il a été, ici, décidé de poursuivre le vieillissement 2 ans en fûts de Pineau des Charentes blanc du cépage FOLLE BLANCHE  (un cépage ancien réputé pour sa finesse et sa fraîcheur aromatique venu du Domaine du Chêne que vous pouvez découvrir ici),

 

 

Au nez on découvre des notes sucrées de fruits secs, de figue et de raisin de Corinthe.

 

Au second passage appariassent des  notes de zestes d’orange confite.

 

Et au dernier passage une belle touche florale et pâtissière en toile de fond.

 

La bouche est d'une rondeure et d'une gourmandise marquée  avec des notes de miel, fruits blancs. Par la suite, on découvre le rancio discret du vieillissement en fût de vin mais en mode douceur très bien intégrée.

 

La finale est longue et chaleureuse, sur le bois noble, les épices douces et une jolie persistance fruitée.

 


TORB : Le whisky tourbé de la côte charentaise

 

Ah, TORB… rien que le nom évoque une brume charentaise chargée de mystère et de feu. Laisse-moi te conter ce whisky comme le ferait un amoureux de la tourbe, un rêveur de brasiers et de landes humides.

Je me souviens encore du jour où j’ai rencontré TORB. Ce n’était pas dans un bar branché ni au fond d’un salon de dégustation feutré. Non. C’était le vieux chai charentais gardé par les licornes où les pierres parlent encore le patois des fûts et où l’air sent la mémoire du bois.

 

Le flacon, noir et sobre, semblait contenir plus qu’un liquide : une promesse.

 

Issu d'un distillat tourbé, TORB est élevé dans des fûts neufs de chêne français, préparés en Charente-Maritime et chauffés à un niveau Char 3 — une chauffe intense qui imprime au bois des arômes puissants de bois brûlé, épices, et vanille. 

 

Après ce premier contact avec le feu, le whisky passe dans des fûts de Cognac qui viennent arrondir les tanins, adoucir l’astringence, et prolonger la finale.

 

Au nez on découvre une tourbe végétale très légère et fraiche, qui dévoile ensuite des note de bois vert brulé et de réglisse.

 

Sur un second passage on découvre ensuite des notes légères de vanille sur un fond de réglisse.

Le troisième passage confirme que bien que légère, l'odeur de fumée est bien présente et fraiche.

 

La bouche est assez vive avec de marqueur de tourbe légers qui nous mènent vers de notes empyreumatique de vin et de chêne brulé. Là encore des notes de chêne frais se montrent et s'accompagnent de note de réglisse.

 

La finale est longue, chaleureuse, avec une pointe de fruits secs et de cuir.

 


Retour à la nuit

 

Je reprends place dans BRADPEAT. Il est tard. La lune veille encore, haute et pleine. Le silence m’enveloppe, mais en moi, tout bruisse : les machines, les arômes, les voix des générations.

 

Fontagard ne se livre pas à la première venue. Elle s’ouvre la nuit, à ceux qui savent écouter. À ceux qui viennent chercher, entre cuivre et clair de lune, l’âme des esprits.

 

Si vous souhaitez faire l'expérience LUNR, je vous donne rendez-vous au prochain WHISKY LIVE de PARIS. Vous y découvrirez peut-être les sphères mais surtout les distillats de la maison DE FONTAGARD !  

 

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