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TALISKER SKYE vs TALISKER STORM 45,8 °

Le rendez-vous était pris au nord-ouest de l’Ecosse direction le Skye bridge pour traverser le Kyle Akin et rejoindre l’ile de Skye pour déguster le whisky local.

 

Le vieux Craig Mac Leod nous a dit de suivre la route 87 jusqu’à Sligachan, là il nous a dit de prendre la 863 en direction de l’ouest de l’ile. Mais à notre grande surprise, il ne nous a pas dit de tourner pour Talisker !! On est venu pour le paysage mais aussi pour déguster du whisky ! Les 50 derniers kilomètres nous amènent à travers la lande, au milieu des vallons et des moutons. Nous croyons ne jamais arriver au bout de notre route.

 

Nous atteignons malgré tout et enfin le point GPS que nous avait donné Craig, le phare de Neist Point ! Bout du bout de l’ile de Skye ! Face à nous au loin dans la brume les iles de Uist et de Bendecula. Les embruns nous fouettent le nez et le vent s’engouffre sous les kilts !

 

 

Au pied du phare un tonneau sur lequel sont posées pas une, mais deux bouteilles ! Nous ne comprenons pas, car aujourd’hui nous devions goûter le 10 ans d’âge. Une bouteille avec une étiquette blanche s’est transformée en deux bouteilles avec des étiquettes bleues. Nous sommes rassurés lorsque nous lisons dessus TALISKER !

 

Craig nous explique que les dernières bouteilles de 10 ans avaient quitté la distillerie et que désormais TALISKER se conjuguait en un TALISKER SKYE et un TALISKER STORM.

 

 

Craig nous dit également que les deux nouvelles expressions restent néanmoins finies dans des fûts de bourbon et devraient être proches de l’original. Surtout c’est cette finition qui lui donne une belle couleur dorée.

 

Alors que la brise se lève un peu plus, nous entamons la dégustation par le SKYE :

 

Le premier nez qui plonge dans le verre retrouve quasiment l’air extérieur (l’alcool en plus) : il est chargé de brise marine et d’embruns. Lorsqu’il y retourne, le nez découvre une tourbe très légère avec un fonds légèrement médicinal marque d’un whisky d’ile. L’envie d’y retourner est plus forte et là c’est des notes surprenantes d’agrume et de gingembre qui apparaissent (amenant de l’exotisme à cette version surprenante).

 

Nous reprenons un grand coup d’air d’une brise marine qui s’intensifie désormais et tourne au vent. Le signal est donné pour déguster. En bouche ce n’est que douceur : des notes d’agrumes assez marquées, d’épices toujours présentes et venues d’un long passage en fût. Heureusement on y trouve également un peu de tourbe et de salinité dont l’absence nous aurait surpris en ces lieux.

 

De manière assez surprenante autant ce whisky est doux, autant sa finale est longue et pleine de fraicheur mais aussi de notes fumées.

 

Cette première dégustation, qui au final s’avère quand même assez différente de la fougue que nous attendions du 10 ans, accompagnée d’un vent qui se lève de plus en plus, nous amène naturellement vers la seconde bouteille posée sur le fût : TALISKER STORM.

 

Au nez la différence est assez nette. Certes le premier passage est assez proche de ce que nous attendions du 10 ans : saveurs marines, médicinales et même épicées. Au second passage on découvre des arômes d’agrume plus marquées que dans la première dégustation (comme si on avait rajouté des fruits rouges). Le troisième passage révèle enfin une vraie tourbe digne de l’ile. Certes elle n’est pas aussi marquée que sur l’Ile d’Islay mais elle est douce, vanillée et légèrement poivrée.

 

C’est en bouche que nous retrouvons le style TALISKER. Tout d’abord de la douceur mais aussi de la puissance (alors que le degré est le même que le premier). Progressivement des notes d’épices apparaissent et au final ce sont les notes tant attendues de tourbe et de fumée.

 

Craig s’éloigne tout doucement sans rien dire et sans nous dire d’en faire de même. Et c’est pile au moment où nous ouvrons la bouche sur une finale douce et tourbée, qu’un goût salin nous revient dans le nez mais surtout qu’un paquet de mer s’abat sur la falaise en contrebas et nous douche littéralement en augmentant bien entendu la note saline du breuvage, le tout sous le sourire comblé de notre hôte.

 

C’est toujours difficile de choisir un whisky ou un autre, mais là j’avoue que par le STORM est peut-être plus proche de ce que nous attendions. Et plus adapté à une dégustation au bout de l’ile.

  

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