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WHISKY TOUR OCCITANIE et Whiskies d'Occitanie

 

La vie reprend doucement un peu partout et c’est l’occasion de repartir à la découverte de nos chères contrées pas lointaines ! Aujourd’hui, je vais revenir sur le plancher des vaches et repartir vers le sud en quête des nouvelles régions « whiskicole » françaises.

 

Aujourd’hui, nous allons faire un tour dans la région où on mange des « chocolatines », où on met votre bouteille de whisky dans une « poche » et où ça « pègue » quand il fait chaud, j’ai nommé l’Occitanie.  

 

 

Je sais ce que je vais encore entendre, non le whisky en France ce n’est pas que dans l’Est et l’Ouest de la France, c’est aussi au sud ! Il y a peu je vous ai fait découvrir la déjà bien fournie Nouvelle Aquitaine (voir article ici si cela vous intéresse) mais savez-vous que juste à côté se trouve la prometteuse Occitanie ? 

 

Et quoi de mieux pour représenter cette région que de goûter au WHISKY TOUR OCCITANIE proposé conjointement par 3 des plus fiers représentants de la région : les distilleries BOWS, CASTAN et TWELVE (mais je vais y revenir).

 

 

Mais avant, je voulais vous parler d’une région qui boue (littéralement) et qui nous prépare une explosion de saveurs dans les années qui viennent, tellement il s’y concentre des distillateurs en devenir. Écoutez du peu:

 

On va trouver du monde du côté du Gers avec des maisons d’Armagnac qui mettent le savoir de la distillation du raisin dans celle de l’orge comme LE DOMAINE DE ROUNAGLE, le DOMAINE D’ESCAGNAN ou la MAISON GELAS (présente depuis 150 ans) ;

 

 

 

Plus vers la mer on va trouver le brasseur LA CANYA (qui porte bien son nom à la chaleur du sud) et son ESPIGA qui attend sagement dans son fût de chêne ;

 

 

Plein est dans l’Aveyron LA DISTILLERIE LANDA’S qui fait dormir son NewMake dans des fûts de cognac.

  

 

Bien entendu, on trouve des embouteilleurs comme le DOMAINE DE PEZE ou LA COMPAGNIE FRANCAISE DU WHISKY ou encore des « assembleurs » (futurs distillateurs) comme la BLACK MOUNTAIN COMPAGNIE et son fameux LOUGLIER (auquel je m’était frotté il y a quelque temps –Voir Ici-).

 

 

 

Avant de vous raconter mon épopée dans BRAD PEAT à travers les terres occitanes, je ne pouvais pas passer à côté de la maison de paille. J’ai nommé celle de l’autodidacte et participatif Gilles VICTORS du coté de Toulouse ! La distillerie STRAW BALE qui tout de bio parée nous regale avec son gin KNIFEMAKER, son PINK PASTAGA (du pastaga quoi !) ou son SINGLE CASK RYE (un Rye vieilli en fût de PX), et surtout nous réserve pour très bientôt son très attendu FRENCH GUY SINGLE MALT ! (plus d'informations ici). 

 

 

Me voici, ainsi à bord de mon fidèle BRAD PEAT alléché par l’annonce de ce partenariat et de ce whisky occitan. Je me suis dit quoi de mieux que de partir sur les routes à la recherche de la genèse : les distilleries.

 

Venant du nord (ce n’est pas parce que j’ai grandi dans la région que j’en suis pas moins -qu’on dit Mouinsse ici- un parigot), je me suis tout d’abord approché de l’Aubrac et du perché village de LAGUIOLE (plus connu pour son fromage et ses couteaux que son spiritueux), J’avais bien l’intention de visiter l’ancien presbytère hébergeant la distillerie TWELVE (dont je vous avais raconter la dégustation de son ANDESITE (vieilli en fûts de LEDAIG) ici si cela vous intéresse) et pas seulement de voir le beau taureau en fer forgé situé devant les bâtiments. 

 

 

Malheureusement, j’y ai trouvé portes closes. Point de Christian BEC, ni de Florent GASTON. Toute cette route sinueuse pour ça ! Ni une ni deux, mon valeureux BRAD PEAT était chaud et près à en découdre et n’étant pas à quelques virages près, j’ai poursuivi ma route à travers certainement les plus beaux paysages français (non l’occitan n’est pas fier de sa région), le long du lit et des gorges de l’Aveyron en direction de Montauban (Motobin avec l’accent).

 

 

Me voici parti pour 3 bonnes heures de virages. Si vous ne connaissez pas je vous conseille, Rodez, Villefranche de Rouergue, Caylus, Bruniquel.

 

Les pneus encore fumants, me voici arrivé plus en pleine au sud de Montauban chez Benoit GARCIA dans se distillerie BRAVE OCCITAN WILD SPIRIT (BOWS). Je ne sais pas si vous vous souvenez j’avais eu l’occasion de vous en parler lors de la dégustation du tourbé PUR MAL BESTUIT (ici).

 

Mais là aussi, je me suis retrouvé devant une porte close. Pourtant tout le monde le sait, on ne devrait jamais quitter Montauban (c’est pas moi qui le dit c’est Monsieur Fernand) !

 

Décidément, ils se sont passé le mot et ne veulent pas voir le parigot ou quoi ? Mais ce dernier est têtu et ressaute dans son van (fort comme une division de panzer) pour une nouvelle heure de route cette fois-ci en longeant le lit du Tarn en direction d’Albi. Il me reste une distillerie, celle de Sébastien CASTAN elle est située dans le Tarn à Villeneuve Sur Vère : la DISTILLERIE CASTAN.

 

Alors que BRAD PEAT commence à avoir soif (de single malt), nous arrivons enfin dans la cours de la distillerie et je me gare juste à côté de ce qui reste du vieil alambic ambulant centenaire (dont certaines parties restent encore en exploitation –NDLR- mais si vous souhaitez en savoir plus n’hésitez pas à aller faire une tour du côté de la dégustation du VILANOVA TERROCITA que j’ai eu l’occasion de vous proposer ici).

 

 

Je crois en ma chance car là on dirait qu’il y a du monde ! Et l’espoir revient complètement quand je vois les voitures garées dans la cour : une est immatriculée 82 et est au couleurs de la distillerie BOWS, une seconde immatriculée 12 a une tête de vache stylisée sur le capot et le mot TWELVE, et une dernière est plus « endémique » et immatriculée (81).

 

Ils étaient tous là Christian BEC, Florent GASTON, Benoit GARCIA (et sa casquette) et Sébastien CASTAN !! Et qui plus est bien afférés à mettre en bouteille, étiqueter et à cacheter les goulots à la cire des bouteilles de leurs WHISKY TOUR OCCITANIE. Un véritable travail d’équipe.

 

 

Alors c’est quoi ce super Blended malt occitan ? Et bien c‘est le fruit d’une gestation de trois ans soit en fût de cognac, de vin de fraise (que je verrais bien du côté de Montauban –NDLR-), en fût de chêne français ou encore en fût de vin rouge (que je verrai bien du côté de Gaillac –NDLR-).

 

Le principe est « simple » (encore fallait-il y penser et surtout s’entendre entre confrère), chacun distille dans son alambic, vieillit chez lui puis amène un fût dans le Tarn pour procéder à l’assemblage et au derniers finishs. Et quand on connait la qualité des trois distilleries.

 

Résultat une production limitée à 1200 bouteilles (j’en ai une hey hey !) que l’on peut trouver que lors des visites des distilleries ou sur leurs site internet.

 

WHISKY TOUR OCCITANIE

Mes trois distillateurs ayant pitié de moi et de toute la route parcourue pour arriver jusqu’ici, me proposent de goûter ce magnifique breuvage couleur or foncé presque marron comme la fin d’un coucher de soleil sur la montagne noire.

 

Alors, sent-il le pays occitan ?

 

A l’approche du verre on va déjà détecter qu’il va être un véritable festival de saveur (un feis-Oc) avec déjà une odeur sucrée de pomme bien mure.

 

Quand le nez plonge plus profondément et pour la première fois dans le verre, il va découvrir un whisky jeune, vif et fougueux qui cherche à déverser sa corne d’abondance. Cela commence par une odeur de poire aveyronnaise caramélisée et une légère pointe de tourbe du Larzac. L’ambiance est chaude (on sentirait presque le vent d’autan dans son verre). On peut noter une large note poivrée qui saute littéralement du verre.

 

Au second passage les arômes se calme très légèrement pour aller plus vers des fruits rouges ou des raisins gorgés de soleil d’occitan. Les épices continuent leur travail en faisant des aller-retour d’une narine à l’autre.

 

Au troisième passage on va détecter une odeur de fraise et également d’orge.

 

La tourbe est très discrète se révèle plus dans le creux de la main accompagnée de notes vineuses.

 

L’eau calme la fougue et laisse également ressortir les odeurs tourbées.

 

 

En bouche justement la grosse chaleur le vent qui rend plus d’une culture folle est bien là. On vient de nous verser pèle mêle une grappe de raisin chasselas de Moissac, de la vanille et de la cannelle. Le Les épices se posent sur la langue et le palais et picotent les papilles. Vite après une pointe d’âpreté d’une noix du Périgord, la chaleur, le moelleux et la densité d’un gâteau au miel empli la bouche vient calmer le tout en se disant déjà : je veux y retourner !

 

La finale va être assez longue sur des notes anisées, taniques et boisées. La langue garde la sensation de peau de pêche du Quercy.

 

Sans aucun chauvinisme occitan, globalement ce whisky est assez réussi. Au nez, je trouve qu’on va clairement retrouver la pointe poire-pomme des distillerie TWELVE et BOWS sur laquelle est venue se poser la chaleur de la distillerie CASTAN. L’accord des trois est assez savoureux.

 

En bouche, il s’équilibre et fait vite oublier la fougue de sa jeunesse.

 

On ose rêver que le lot L.WT021 aura des petits frères dans l’avenir en passant qui sait encore plus de temps dans les fûts pour s’arrondir ! Que de tentations de revenir dans le pays occitan.

 


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Commentaires: 1
  • #1

    Cédric SO whisky (mercredi, 16 juin 2021 19:50)

    Bravo pour ce très bel article !